Tuesday, June 8, 2010

Encore une fin de semaine de course remplie d'émotions fortes !

La course d'endurance du vendredi s'annonçait bien avec une belle journée ensoleillée et une piste chaude et collante. J'ai fait les séances de pratique en avant midi et la moto se comportait de manière exemplaire, à part une température un peu élevée. Comme l'endurance dure deux heures, j'ai décidé d'enlever le lower fairing pour maximiser la circulation d'air vers le radiateur et le moteur, ce qui s'est avéré efficace. J'ai pris le départ et établi un bon rythme dans les 1:03 et tout allait pour le mieux. Après avoir terminé mon premier tour de garde de 30 minutes, je suis entré aux puits pour le changement de pilote. J'ai confié la moto à mon cousin Nelson qui était avait très hâte de prendre la piste. Après quelques tours, il avait un bon rythme et commençait à effectuer des dépassements. Après une dizaine de tours, malheureusement, il est entré dans le virage 2 un peu trop rapidement, s'est fait peur et a redressé la moto pour aller la déposer dans la pelouse. Plus de peur que de mal, il s'est fissuré un os du doigt et a fait des dommages surtout cosmétiques à la moto. Notre endurance s'est terminée ainsi et tout ça me déprimait un peu...

Dans les puits, on s'affaire à réparer la moto en installant un nouveau réservoir de liquide à freins et en installant la "plate of shame" tristement rendue célèbre par les mésaventures de LaResistance l'an dernier. Cette plaque qui sert a afficher les numéros de course quand l'un de nous brise son carrénage avant et est entraîn de devenir un running gag entre nous...

Samedi s'annonce aussi radieuse et j'ai hâte de voir comment la moto va tourner après ce petit accrochage. Après avoir installé des slicks neufs, j'entre en piste et constate que tout roule parfaitement, l'absence de carrénages aidant même au refroidissement du moteur, ce qui se traduit immédiatement par un gain de puissance. Le FZR soulève même gentiment la roue avant en sortant des virages en 2e vitesse, à mon plus grand plaisir. Les séances de pratique se terminent et j'ai hâte aux qualifs de P4F3.

La qualification me voit baisser mes temps encore, cette fois-ci enregistrant un 1:02:80. Au premier tour, j'ai pu voir deux motos faire contact dans le back straight, le Hawk allant même faire un tour dans la pelouse pour revenir en piste avec une petite séance de guidonnage qui a du laisser des traces dans les cuirs du pilote... J'en ai profité pour dépasser les deux impliqués et pour attaquer et me sécuriser une bonne place sur la grille de départ. Toutefois, un pilote a chuté dans le virage 4 et a mis du temps à se relever, ce qui a entraîné un drapeau rouge après 4 tours. J'ai donc terminé en 5e position, ce qui était un bon résultat parce que ceux qui me devançaient roulaient tous plus vite que moi.

Le P4 Challenge s'est également bien déroulé pendant ses 12 tours où j'ai été plutôt solitaire après avoir traversé le traffic. J'ignore où je me situe puisque les résultats ne sont toujours pas publiés au moment d'écrire ces lignes, parce qu'il y a eu deux courses et que les officiels vont devoir réconcilier les temps totaux de course de chacun pour déterminer l'ordre d'arrivée. Je crois être 5e de ma course, mais je vais probablement reculer un peu parce que je sais que Steve Hoffart et son ZX-7 étaient plus rapides dans l'autre course, notamment.

Dimanche s'annonce froide, pluvieuse et maussade. Je suis mouillé et gelé pendant que j'installe mes pneus de pluie neufs. Je suis quand même curieux d'aller essayer ça et je vais donc faire quelques tours de pratique. Je suis pas mal étonné de niveau d'adhérence qu'ils procurent, mais je ne tourne pas assez longtemps pour aller en tester les limites. Les premières courses de la journée se déroulent sous la pluie et finalement, un trou dans les nuages se forme et la pluie cesse. Les grands vents assèchent la piste et je retourne dans les puits ré-installer mes slicks. Comme de raison, une petite pluie recommence à tomber quelques minutes avant la finale P4-F3 : c'est l'histoire de l'an dernier qui se répète...

Heureusement, la piste est toujours sèche quand nous nous installons sur la grille de départ où je suis à l'intérieur de la 2e ligne, en 5e position. Je sais que j'ai tout à perdre puisqu'il reste quelques pilotes rapides derrière moi et que ceux devant sont hors de portée. Je vais devoir me défendre, entre autres, contre les assaults de Brian Henderson et de son RZ 400.
Pour ceux qui ne le connaissent pas, Henderson est un pilier de la course de motos au Canada, ayant principalement fait carrière dans les années 70-80 et ayant même été champion canadien à cette époque. Le voici (en 3e position) à Mosport dans les années '70 dans une superbe photo de Bill Petro :



Bref, la pression allait être forte. Le départ est donné et je me pousse bien de la ligne, mais me retrouve quand même derrière le Hawk JDM de Calloway à la sortie du premier virage et tout de suite après, nul autre que Henderson me fait l'extérieur du virage trois en me refermant la porte au visage assez fermement. Je perdais des plumes rapidement et il était grand temps d'ouvrir la machine pour minimiser les dégâts. J'ai perdu 3 tours a tenter de passer Calloway qui s'était lui aussi fait doubler par Henderson, ce dernier ayant commencé à nous distancer. J'ai finalement réussi à passer le Hawk et, sans vraiment réfléchir, je me suis mis à pourchasser le vétéran. Je peux vous dire que jamais dans ma vie je n'ai roulé comme ça ! Je crois que les pneus slicks du FZR m'avantageaient au freinage et j'ai pu commencer à mettre de la pression dès le 6e tour, sans toutefois être capable de trouver une faille à exploiter. Dès qu'il entraît large, je tentais de lui faire l'intérieur, dès qu'il protégeait son intérieur, j'entrais large pour tenter d'avoir une meilleure sortie mais rien n'y faisait et à chaque fois sa réponse était instantanée. Ne dépasse pas ce gars-là qui veut ! J'ai tout de même continué de le talonner quand nous avons commencé à croiser du traffic vers le 9e tour, ce qui ajoutait une complexité à la course et, je dois l'avouer, un élément de chance. Fort de ses décennies d'expérience, il était particulièrement efficace pour dépasser les retardataires et j'ai eu besoin de tout mon petit change pour le garder à proximité. J'i tenté de tirer profit quand il a manqué un passage de rapports, mais j'étais toujours trop loin et le RZ tirait puissament. À ce moment, nous tournons tous les deux dans les 1:02:4.

Nous étions presque nez à nez dans le back straight du 10e tour, avec moi à l'intérieur pour le virage 5 quand un autre retardataire s'est retrouvé brièvement dans la ligne de course de l'ex-champion. Je les ai tous deux dépassés en freinant comme un mort-vivant, la roue arrière barrée et la roue avant du FZR sautillant frénétiquement. J'ai malgré tout réussi à garder une ligne serrée et maintenant, c'était à mon tour d'avoir une cible dans le dos...

Le RZ a rapidement fait sentir sa présence et son moteur bourdonnait dans mes oreilles, rugissant comme une tronconneuse bien affûtée, prête à me tailler en pièces à la première occasion. Je suis entré dans le virage 1 comme si la mort elle même était à mes trousses et j'ai même senti l'arrière perdre l'adhérence, ce qui n'est pas agréable dans un virage aussi rapide... Je voulais vraiment le garder derrière moi, mais à quel prix ? J'ai tâché de prendre des lignes défensives mais aussi de me calmer pour ne pas commettre d'erreurs parce que je savais qu'il serait là pour en profiter. Je regarde par dessus mon épaule à la sortie d'Alan's corner à la fin du 11e tour et il est toujours là, sa roue avant au même niveau que mon arrière, à l'extérieur. Virginie dans les puits me fait signe que l'espace me séparant de mon adversaire était plus étroit que le cul d'une nonne ! Je devais maintenant puiser au fond de moi la force et le calme de faire le meilleur tour de ma courte carrière. Bien que le RZ me talonnait à quelques centimètres pendant tout le tour, j'étais dans un état second, une espèce de transe mécanique. J'ai tourné la tête une dernière fois pour le voir très près de moi, mais incapable de me passer pour la ligne d'arrivée et j'ai finalement fait un 1.01.89 (selon mon lap timer), un chrono que je croyais réservé aux Maxpat et LaRésistance de ce monde ! J'ai réussi à défendre ma 5e position et j'en suis très heureux. Comme j'ai dit à Brian après la course "I would'nt be as proud if it had been against anyone else !"

Le tour de refoidissement fût une satisfaction sans précédent et la poignée de mains empreinte de camaraderie de mon adversaire était la seule récompense qu'il me fallait. Même si j'ai toujours beaucoup de plaisir lors d'une course, c'est toujours le tour de cool down qui me procure le plus de joie. De remercier les bénévoles et de sentir la satisfaction du travail accompli, d'avoir donné absolument tout ce qu'on a dans le ventre, il n'y a pas de meilleure sensation !

J'ajoute ici une photo de Brian et moi après la course, alors que nous nous sommes racontés notre bataille, mon texte ne pouvant décrire le plaisir que j'ai eu de croiser le fer avec Brian et par le fait même, avec une partie de l'histoire de la course sur 2 roues au Canada.



J'en profite pour féliciter tous mes compatriotes du Déficients Racing Team : Pat et Dom pour leur victoire écrasante en endurance, Dom pour sa première position et son hot lap, Pat pour sa 3e position ainsi que tout le reste de l'équipe qui a définitivement haussé le niveau de compétition cette année, tant Damien que Ketchup et LaResistance qui ont définitivement trouvé où était le gaz sur leur machines, mais le tout, en douceur et sans accidents

Je crois que Ricky et Pat vont avoir un plaisir fou ensemble cette année, la compétition semble très serrée...

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